Œuvre issue d’une médiation culturelle en collaboration avec le Groupe « Ma P’tite Coopérative 2026 », projet du Carrefour Jeunesse-Emploi Beaupré, une division de Les Services de main-d'œuvre l'Appui Charlevoix/Côte-de-Beaupré. Noms des participant·e·s : Mederic Aubin, Anthony Boily, Jérémy Bouffard (Animateur), Samuel Boutin, Samuel Caron, Audrey Clothier (coordonnatrice), Magalie Cyr, Tamara Cyr, Rose Desrochers, Malorie Labissonnière, Tristan Maltais, Floralie Marchand (Animatrice), Charlotte Paré, Léonie Tremblay.
Guillaume D. Cyr s’est joint aux jeunes faisant partie du groupe «Ma P’tite Coopérative 2026» durant certaines de leurs activités de juillet à travers la MRC. L’artiste les a accompagnés pour réaliser une installation photographique incluant des photographies prises qu’iels ont prises. En parallèle des journées passées avec les participant·e·s, l’artiste laisse sa curiosité et sa vision personnelle l’orienter sur ce territoire qu’il connaît peu, même s’il l’a traversé à de nombreuses reprises. Avec ses caméras, il suit les grèves jusqu’au fleuve, grimpe sur les flancs des Laurentides et doit contourner les plus grandes terres privées du Canada. Une obligation qui le mène à redécouvrir, comme tellement de personnes dans les dernières années, la seigneurie de Beaupré, plus connu par le nom des « Terres du Séminaire »; une propriété que possède le Séminaire de Québec depuis le 17e siècle. L’un des accès principaux à ce territoire se trouve justement, ici, à St-Ferréol-les-neiges. Cette forêt privée dans les montagnes s’étend sur une superficie équivalente à huit fois celle de l’île d’Orléans. Lorsque l’artiste mentionne cette zone de 1600 km², la plupart des jeunes en connaissent l’existence, mais iels n’y ont jamais mis les pieds. En discutant, le groupe constate l’étrangeté d’avoir une forêt immense juste derrière chez eux·elles. Iels peuvent explorer des rivières, le fleuve ou des montagnes à de nombreux endroits dans la MRC, mais l’immense territoire du Séminaire reste privé depuis des siècles; excluant une majorité de la population.
Les photos présentées intègrent autant des points vus aériens que des plans rapprochés qui montrent des exemples d’une nature fondamentalement prête à être partagée. Pourtant, des barrières et obstacles obstruent le regard et les personnes. Parfois, la distinction entre un terrain accessible et celui qui ne l’est pas ne tient qu’à la présence d’une barrière, une corde ou une pancarte dressée à travers les herbes hautes. Heureusement, ces architectures et dispositifs de restriction ne bloquent pas tout le territoire, Guillaume et les jeunes qui dénichent l’émerveillement le long d’un sentier ou d’un point d’eau. L’artiste comme les jeunes partagent leurs visions et racontent en commun les contradictions de nos rapports à notre territoire ; affirmant l’importance de l’accessibilité et du partage de la nature, avec respect pour sa diversité.